Allah vous prescrit des choses obligatoires, n’y faites pas défection – Sheikh Al Fawzan

Allah vous prescrit des choses obligatoires, n’y faites pas défection

Sheikh Al Fawzan

 

 

Al Imam An Nawawi cite dans son ouvrage Les 40 Nawawis :

Hadith n°30

D’après Abi Tha’laba Al Khouchani, Jourthoum ibn Nachir, qui rapporte d’après le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم qui a dit :

Certes, Allah تعالى a prescrit des choses obligatoires, n’y faites pas défection, Il a de même posé des limites, ne les outrepassez pas. Il a interdit des choses, ne les commettez pas et il s’est tut sur d’autres choses par miséricorde envers vous, non pas par oubli, ne cherchez pas après elles.

Rapporté par Ad Daraqoutni dans ses Sunnans v. 4 / 183 – 184.

 

Commentaire du Sheikh Saleh al Fawzan حفظه الله

Allah le très Haut légiféra à ses serviteurs ce qui leur convenait dans leur religion et leur vie mondaine.

Sa parole صلى الله عليه وسلم :
“A
 prescrit des choses obligatoires”

→  C’est à dire : A rendu obligatoires certaines prescriptions.

• La prescription est l’obligation.

Il fut dit que Al Fard a un caractère encore plus contraignant que le terme Al Wajib.

 Al Wajib se définit comme :
Ce pour quoi celui qui l’accomplit est récompensé et celui qui s’y dérobe s’expose à un châtiment.

Il a donc prescrit des obligations, des choses obligatoires à observer parmi les actes d’obéissance et d’adoration comme : Les cinq prières, l’aumône légale, le jeûne du Ramadan, le pèlerinage à la maison sacrée d’Allah, la bienveillance envers les parents et autres obligations parmi lesquelles certaines d’entre elles s’observent entre les serviteurs et Allah, et d’autres concernant les serviteurs entre eux comme la bienveillance avec les parents, le maintien des liens de parenté, la bienfaisance envers les nécessiteux.

Celles-ci sont des choses prescrites qu’il n’est pas permis de délaisser, qu’il est obligatoire d’observer.

Puis il صلى الله عليه وسلم dit :
“N
‘y faites pas défection”

→ C’est à dire : Ne les délaissez pas, ne soyez pas négligeant à propos de celles-ci, car elles ont été prescrites dans votre intérêt et sont les bases de votre religion. La religion est bâtie sur des prescriptions et des obligations. Viennent ensuite les choses recommandées parmi les actes d’obéissance.

• Les actes surérogatoires renforcent les prescriptions lorsque un manque est observé chez elles et les complètent.

 L’acte recommandé, c’est celui pour lequel son auteur est récompensé et pour lequel celui qui s’en abstient ne s’expose pas à un châtiment.

Sa parole صلى الله عليه وسلم :
“I
l a posé des limites”

→ La limite est une chose qui empêche.

 Et Allah a déterminé des limites à ses serviteurs qu’ils ne doivent pas outrepasser parmi les choses permises, qui leur permettent de se passer des choses qu’Allah leur a interdit. Allah a donc rendu licite à ses serviteurs les bonnes choses, leur a interdit les choses mauvaises.

Il y a donc des choses licites et d’autres illicites. Celles-ci sont les limites d’Allah سبحانه وتعالى.

On ne doit pas aller au-delà de ce qui est permis.

Allah تعالى dit, dans la traduction rapprochée du sens du verset :

Telles sont les limites d’Allah, ne vous en approchez donc pas.

Al Baqarah, v.187.

C’est la position que doit adopter le musulman au sujet du licite et de l’illicite. Il prend le licite et s’en contente, délaisse l’illicite ainsi que les voies et moyens qui y conduisent.

Ne vous en approchez donc pas”

→ C’est à dire : N’employez pas les moyens qui permettent d’y avoir accès, ceci par précaution.

• Le musulman ne va donc pas au-delà des limites d’Allah عز وجل, il ne les outrepasse pas. Il se contente du licite et du permis et s’abstient de l’illicite.

Puis il صلى الله عليه وسلم a dit :
Il a interdit des choses” 

→ Les interdits sont nombreux.

Allah تعالى dit, dans la traduction rapprochée du sens du verset :

Vous sont interdites les bêtes mortes.

Al Maïda, v.3.

Et Allah a rendu le commerce licite, et illicite l’intérêt usuraire.

Al Baqara, v.275.

Parmi ces choses-là, ce sur quoi un texte est venu l’interdire, ce qu’Allah a proscrit. De base ce qui est interdit est illicite. Il se peut que la chose en question ait un caractère répréhensible afin de l’éviter, par précaution, lorsque une preuve indique clairement qu’on passe de l’interdiction absolue à un degrès moindre : la réprobation.

Sa parole صلى الله عليه وسلم :
Il s’est tut sur d’autres choses”

• Il ne les a ni rendu licites, ni illicites. N’interrogez pas à leur sujet, car Allah s’est fait silencieux là-dessus. Et cherchez après elles engendrera une gêne pour les gens. Dès lors qu’elles n’ont pas été abordées, délaissez les questionnements à leur sujet. Celui qui les prend ou les accomplie n’est point à blâmer, car de base ce qui est permis, la législation est muette à son sujet.

Et Al Moubah, ce qui est permis et autorisé, c’est toute chose pour laquelle son auteur n’est ni récompensé ni exposé à un châtiment s’il la délaisse.

Allah s’est tut à son sujet en raison d’une sagesse, il ne s’est pas tut sur celle-ci par oubli. Il s’est tut à son propos par miséricorde envers vous, afin que cela ne vous soit pas quelque chose de pénible.

Sa parole :
“N
on pas par oubli”

• Allah جل وعلا n’oublie pas, car l’oubli est un manque, quelque chose qui échappe et Allah جل وعلا ne s’est pas tut à leur sujet par oubli mais plutôt s’est tut par miséricorde envers vous.

Puis il صلى الله عليه وسلم dit :
Ne cherchez pas après elles.”

• Ce sur quoi vous avez une preuve de son caractère licite, prenez-le ou faites-le, ce sur quoi vous avez une preuve de son caractère illicite, abstenez-vous en. Ce sur quoi l’on s’est tut, ne cherchez pas après son jugement légal, car s’il y avait un jugement spécifique à son propos, Allah سبحانه وتعالى l’aurait clarifié.

Ces règles sont celles que le musulman se doit d’observer dans sa religion, dans sa vie, dans ses agissements, dans son comportement.

Il accomplit les prescriptions, s’abstient des interdictions, s’arrête aux limites d’Allah et ne les transgresse pas. Il ne cherche pas après ce dont il n’a pas besoin, ni lui ni les gens.

Allah تعالى dit, dans la traduction rapprochée du sens du verset :

Ô les croyants ! Ne posez pas de questions sur des choses qui, si elles vous étaient divulguées, vous mécontenteraient. Et si vous posez des questions à leur sujet, pendant que le Coran est révélé, elles vous seront divulguées. Allah vous a pardonné cela. Et Allah est Pardonneur et Indulgent.

Un peuple avant vous avait posé des questions (pareilles) puis, devinrent de leur fait mécréants. »

Al Maïda, v.101,102.

 

Les responsabilités dont nous n’avons pas besoin de nous charger, les questions que nous n’avons pas besoin de nous poser sont interdites. Tu interroges seulement en fonction de tes besoins, ne te charge pas d’une chose dont ni toi ni les gens n’ont besoin.

 

Sheikh Al Fawzan / Al Minhatou Ar Rabbaniyah Fi Sharhi l Arba’in An Nawawiya / p. 240 à 243.
traduit par SalafIslam.fr


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