Explication concise du hadith : « Ô Mou’adh sais-tu quel est le droit d’Allah sur ses serviteurs… » – Sheikh Saleh Al Fawzan

Explication concise du hadith :

« Ô Mou’adh sais-tu

quel est le droit d’Allah sur ses serviteurs… »

Sheikh Saleh Al Fawzan

 

D’après Mou’adh ibn Jabal رضي الله عنه qui a dit :

« Alors que j’étais installé en croupe derrière le Prophète صلى الله عليه وسلم sur un âne, il m’interrogea :
« Ô Mou’adh, sais-tu quel est le droit d’Allah sur ses serviteurs et quel est le droit de ses serviteurs par rapport à lui ? »
Je répondais : « Allah et Son Messager en sont plus savants. »
Il dit : « Le droit d’Allah sur ses serviteurs est qu’ils l’adorent sans rien lui associer. Et le droit des serviteurs par rapport à Allah est qu’il ne châtie pas celui qui ne lui aura rien associé ».
Je dis : « Ô messager d’Allah, ne devrais-je pas en faire bonne annonce aux gens ? »
Il répondit : « Ne leur annonce pas cette bonne nouvelle sinon ils se reposeront uniquement dessus. »
[Al Boukhari n°2856 et Muslim n°30]

Et dans une autre version :

« Et Mou’adh fit cette annonce au moment de sa mort de crainte d’avoir caché quelque chose à la communauté. »
[Al Boukhari n°168 et Muslim n°32 ]

Commentaire du Sheikh Saleh Al Fawzan حفظه الله

« Mou’adh » :

Il est Mou’adh ibn Jabal ibn ‘Amr ibn Aws ibn Ka’b ibn ‘Amr al Khazraji al Ansari.
L’illustre compagnon célèbre parmi les sommités chez les sahabas. Il était profondément encré dans la science en général, au sujet des jugements législatifs et du Qur’an. Il participa à la bataille de Badr et celles qui suivirent et fut placé à la tête des gens de la Mecque le jour de la conquête de cette dernière pour qu’il leur enseigne la religion. Puis il l’envoya ensuite au Yemen en tant que juge et enseignant.
Il mourut au Sham en l’an 18 de l’Hégire, alors âgé de 38 ans.

♦ « Radif » :

Se dit de celui que tu prends en croupe derrière toi sur une monture.

♦ « Sais-tu » :

Connais-tu.

♦ « Le droit d’Allah » :

C’est à dire ce qui lui revient de droit, ce qu’il mérite et ce à quoi il a astreint les serviteurs.

♦ « Le droit des serviteurs par rapport à Allah » :

Ce qu’il s’est prescrit à lui même uniquement par bienfaisance et bonté envers eux.

 « Annoncer la bonne nouvelle aux gens » :

Les en informer afin qu’ils s’en réjouissent.

♦ « Ils se reposeront là-dessus » :

Ils s’appuieront la dessus, et ils délaisseront la course aux bonnes actions.

⇒ Le sens général du hadith :

Le prophète صلى الله عليه وسلم voulu exposer aux serviteurs l’obligation d’unifier Allah ainsi que son mérite, il employa la forme interrogative pour susciter un plus grand intérêt chez la personne et parce que le procédé amène une meilleure compréhension.
Lorsqu’il fit part à Mou’adh du mérite du tawhid, celui ci lui demanda la permission d’en informer les gens afin qu’ils se réjouissent de cette bonne nouvelle. Le prophète صلى الله عليه وسلم l’en empêcha de crainte que les gens ne se reposent que là-dessus et qu’ils n’accomplissent ensuite que peu de bonnes œuvres.

⇒ La relation qu’il y a entre le hadith et le chapitre en question : (ndt : le hadith est cité par Sheikh Muhammed ibn ‘Abdilwahab dans son introduction du kitab at tawhid)

Les deux sont en relation car il y a dans le hadith l’explication et le sens de ce qu’implique le tawhid qui consiste à adorer Allah seul sans lui associer qui ou quoique ce soit.

⇒ Les points profitables que l’on tire du hadith :

1) La modestie du prophète صلى الله عليه وسلم du fait qu’il enfourche un âne et fasse monter quelqu’un derrière lui, qui est à l’opposé du comportement des gens orgueilleux et outranciers.

2) La permission de prendre quelqu’un en croupe sur une monture lorsque celle-ci peut le supporter.

3) L’enseignement via la méthodologie des questions-réponses.

4) Que celui qui lorsqu’il est interrogé à propos d’une chose qu’il ignore doit répondre : Allah est plus savant.

5) La connaissance du droit d’Allah sur les serviteurs qui consiste en ce qu’ils l’adorent seul sans rien lui associer.

6) Que celui qui ne s’éloigne pas du polythéisme n’aura pas réellement concrétisé l’adoration d’Allah exigée même s’il l’adore en apparence.

7) Le mérite du tawhid ainsi que celui qui s’y accroche.

8) la définition du tawhid qui est l’adoration d’Allah seul et l’abandon du polythéiste.

9) le caractère méritoire d’annoncer au musulman ce qui pourrait le réjouir.

10) la permission de dissimuler une connaissance pour un intérêt.

11) la bonne conduite et le bon comportement de l’étudiant envers son enseignant.

Sheikh Saleh Al Fawzan / Al moulakhas fi charhi kitabi t tawhid / p.21 à 23
traduit par SalafIslam.fr

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