Explication du hadith n°33 de l’Imam Nawawi – Sheikh Al Fawzan

On rapporte d’Ibn ‘Abbas رضي الله عنه  que le prophète صلى الله عليه وسلم a dit : « Si l’on jugeait en faveur des gens selon leurs prétentions (et accusations). Des hommes réclameraient les biens et le sang des gens, mais la preuve irréfutable incombe à celui qui prétend (et accuse), et le serment incombe à celui qui réfute (et dément l’accusation à son sujet). » Rapporté parAl Bayhaqi


Explication du hadith par son éminence le Sheikh Salah Al Fawzan حفظه الله :

Ce hadith est un hadith grandiose, il représente une règle fondamentale parmi les règles relatives aux affaires de jugement.

Il a donc dit صلى الله عليه وسلم : « Si l’on jugeait en faveur des gens selon leurs prétentions (et accusations) ». C’est à dire : selon ce qu’ils prétendent. Et celui qui prétend (ou accuse) est celui qui demande un droit à l’encontre d’un autre. Le juge donc, lorsque se présente à lui deux opposants, leur demande : « qui d’entre vous deux est l’accusateur ou le demandeur ? » Puis il commence par lui.

Car parmi les opposants, il y a celui qui accuse et celui qui est accusé, donc le juge débute par celui qui accuse.

Ceci car ce dernier prétend une chose qui vient s’opposer à la base concernant celui qu’il accuse, qui est le fait qu’à la base il est innocent de ce dont on l’accuse.

Quant à celui qui est accusé, lui demeure sur la base qui est : l’innocence.

Donc le juge demande : « lequel d’entre vous deux est le plaignant ( l’accusateur). » Ou bien le juge garde le silence jusqu’à ce que l’accusateur de lui même prenne la parole. Et le juge ne dit pas : »ô untel qu’à tu as dire ? » Ceci car on craint qu’en faisant cela le juge ait des préjugés.

Puis lorsque l’accusateur a parlé, le juge se dirige vers l’accusé et lui demande de répondre au sujet de l’accusation provenant de son opposant.

Toutes ces démarches représentent les règles relatives à une affaire de jugement.

Lorsque l’accusé reconnaît effectivement la véracité de ce dont il est accusé, l’affaire est réglée et on juge contre lui.

Et quand il dément et réfute la preuve (bayyina) avancée par l’accusateur.. et al bayyina ici c’est ce qui permet de mettre en évidence la vérité et de la clarifier, et cela passe notamment par le témoignage de témoins, témoignant de l’authenticité de son accusation. Donc lorsqu’il présente une preuve évidente appuyée par des témoins, alors on se prononce en faveur de celui qui accuse.

Mais s’il n’apporte pas cette preuve irréfutable, alors on demande à celui qui est accusé de prêter serment que ce dont l’accuse le plaignant ou qu’il lui réclame n’est pas vrai.

Et s’il refuse de prêter serment, alors on donne raison au plaignant, et s’il prête serment, alors on le considère innocent.

C’est ainsi que s’organise le jugement en islam, de manière irréprochable et transparente. Dans ce hadith le prophète صلى الله عليه وسلم a donc fait savoir que « si l’on jugeait en faveur des gens (uniquement) selon leurs prétentions et ce qu’ils réclament, alors des hommes réclameraient les biens et le sang des gens »

Il se peut que le plaignant prétende une chose énorme, qu’il prétende par exemple que celui à qui il s’oppose a tué quelqu’un et qu’il demande le talion, ou qu’il réclame une somme d’argent énorme alors qu’en réalité on lui doit une somme minime.

Donc on ne lui accorde pas selon ce qu’il prétend. Car si l’on ouvrait cette porte et qu’on accordait à tout le monde ce qu’ils prétendent, il en résulterait un grand désordre et une transgression flagrante contre les gens, et toute personne qui aurait un ressentiment envers quelqu’un l’accuserait gratuitement.

Donc on ne peut lui accorder quoique ce soit en se basant uniquement sur ce que le plaignant prétend, même si cette personne fait partie des gens les plus véridiques, on n’accepte pas sa parole tant qu’il n’apporte pas une preuve évidente.

Et c’est pour cette raison que le prophète صلى الله عليه وسلم a dit : « mais la preuve évidente incombe à celui qui accuse » et al bayyina , c’est qu’il apporte une preuve, des témoins, car il prétend l’inverse de ce qui est la base concernant celui qui est accusé à savoir: son innocence.

Donc on demande au plaignant d’établir une preuve irréfutable. Lorsqu’il présente cela, alors on se prononce en sa faveur car il a amené ce qui prouve la véracité de son accusation.

Mais lorsqu’il n’apporte pas de preuve flagrante ou qu’il dit :  » je n’ai pas de preuve », ou qu’il vienne avec une preuve qu’on ne puisse accepter car elle n’est pas évidente, alors on considere cette l’existence de cette preuve comme inexistante.

Puis le juge se dirige vers l’accusé, s’il reconnait ce dont on l’accuse, alors on se prononce contre lui et s’il dément et dit : »ceci dont on m’accuse je n’en suis pas coupable ». On lui demande dans ce cas de prêter serment qui consiste a jurer par Allah de la non véracité de l’accusation du plaignant à son encontre et qu’il est innoncent de cela.

S ‘il jure par Allah, alors on le laisse partir, car le deroulement du jugement est en sa faveur, car il demeure sur la base qui est son innocence, on se contente simplement de son serment. Dès lors qu’il a prêté serment, il demeure innocent et l’affaire est réglée.

Sheikh Al Fawzan / Al Minha ar Rabbaniya fi Sharh Al Arba’in An Nawawiya / Hadith n°33 p250/251 
traduit par SalafIslam.fr

 

 

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