« Ne sois pas un mourji qui ne fait que jouer avec sa religion »

« Ne sois pas un mourji

qui ne fait que jouer avec sa religion »

Sheikh Saleh Al Fawzan

Sheikh Zayd Al Madkhali

 

L’Imam Abou Bakr ibn Abi Daoud As Sijistani رحمها الله a dit dans son poème :

و لا تك مرجيا لعوبا بدينه … أ لا إنما المرجي بالدين يمزح

Ne sois pas un mourji qui ne fait que jouer avec sa religion

Il ne fait aucun doute que le mourji s’amuse et plaisante avec la religion

 

Commentaire du vers de Sheikh Saleh Al Fawzan :

« Ne sois pas un mourji qui ne fait que jouer avec sa religion »

Ceci parce que le madh’hab de l’irja revient à prendre la religion à la légère.

Pour eux le serviteur est croyant même s’il n’accomplit pas la prière, le jeûne, le versement de l’aumône légale et le grand pèlerinage. Même s’il n’accomplit aucune oeuvre de bien tout au long de son existence, et qu’en parallèle il commet tous les interdits.

C’est une voie et une croyance nulle et vaine. C’est notamment pour cette raison que les pervers et les gens qui commettent des péchés affectionnent tout particulièrement cette croyance et la soutiennent, parce qu’elle leur convient parfaitement.

C’est à dire qu’ils peuvent agir comme ils l’entendent, ils auront une foi complète aux yeux des mourji’as. Ceux parmi les gens des passions, ceux qui sont vaincus par leurs désirs et leurs péchés se réjouissent de cette voie qui est bâtie sur ce qui implique une prise à la légère de la religion.

« Il ne fait aucun doute que le mourji s’amuse et plaisante avec la religion »

C’est à dire : les mourji’as s’amusent avec la religion, leur attitude revient à renier les ordres et les interdits. Il n’y a selon leur dogme nul besoin d’ordre et d’interdits (ndt : puisque le vertueux comme le pervers ont tout deux une foi complète selon leur croyance donc selon leur dogme accomplir l’ensemble des actes d’obéissance ne concrétise en rien la foi tout comme commettre l’ensemble des actes interdits ne saurait nuire à la foi de celui qui les commet).

Ce dogme revient donc à prendre à la légère la religion d’Allah et la prendre comme une plaisanterie et un jeu.

 Explication de ce vers du Sheikh Zayd Al Madkhali رحمه الله :

« Ne sois pas un mourji qui ne fait que jouer avec sa religion***il ne fait aucun doute que le mourji s’amuse et plaisante avec la religion »

Les mourji’as dont a mis en garde l’auteur du poème sont un groupe parmi les sectes égarées, ils se subdivisent en plusieurs factions, certaines d’entre elles étant plus égarées que d’autres.

♦ A l’instar des jahmiyas que l’on considère comme mourji’as sur la question de la foi parce qu’ils l’interprètent comme étant uniquement une croyance par le cœur :

C’est à dire que selon eux, celui qui se contente de croire avec son cœur même s’il n’accomplit aucun acte parmi les obligations et qu’il n’évite aucun interdit, alors celui là possède une foi complète.

Ce dogme implique nécessairement qu’Iblis est un croyant à la foi complète, et ce parce qu’il affirme et reconnait la seigneurerie de son seigneur, comme le prouve la parole d’Allah à son sujet:

« il (ndt : iblis) dit :  Mon Seigneur accorde moi un délai jusqu’au jour où ils seront ressuscités ». Sourate al hijr, v. 36

Et ceci est un dogme erroné et corrompu comme tu peux le constater. Car Allah تبارك وتعالى a lié la bonne récompense au fait d’accomplir les actes d’obéissance et d’éviter les interdits, de même qu’il a menacé du feu les pécheurs et les insouciants et ce même s’ils reconnaissent la seigneurerie du Seigneur de la terre et des cieux.

Un autre groupe parmi les mourji’as ont eux défini la foi en la limitant à une parole prononcée avec la langue seulement. Ce sont la secte des karamiya. Ils ont dit :

Celui qui prononce la foi par sa langue même s’il n’accomplit aucun acte et qu’il ne croit pas avec son cœur ce qu’il affirme avec sa langue alors il est un croyant à la foi complète. Cependant s’il affirme avec son cœur alors il compte parmi les gens du paradis et s’il dément par son cœur, alors il est un croyant hypocrite comptant parmi les gens du feu.

Leur dogme implique donc que les hypocrites qu’Allah a menacé du plus profond degré du feu soient des croyants.

Toujours parmi les mourji’as :

Ceux qui ont défini la foi comme étant une parole prononcée par la langue et une croyance avec le cœur mais n’ont pas admis les actes comme faisant partie intégrante de la foi. ils ont dit : les actes n’entrent pas dans la dénomination de la foi.

Ceux là, même si leur égarement est moindre que les mourji’as jahmites et karamites , il n’en demeure pas moins qu’ils ont contredit les gens de la sounna et du consensus en n’admettant pas les actes dans la dénomination de la foi et ce sans la moindre preuve textuelle ou rationnelle, c’est ceux qu’on nomme mourji’a al fouqaha.

Quant aux partisans de la sounna et du consensus, alors à eux fut accordé la parole exacte qui s’appuie sur les textes du livre d’Allah et de la sounna au sujet de la définition de la foi. ils se sont donc désavoués à la fois du dogme des khawarij, des mourji’as ach’arites et des mourji’as fouqahas en disant :

« la foi consiste en une parole prononcée par la langue » :

à l’instar de la prononciation des deux attestations de foi ou autre parole exprimant la foi .

« Une croyance par le cœur » :

C’est à dire qu’il a la conviction dans son cœur de ce qu’il affirme par sa langue au sujet des questions sur lesquelles il incombe d’avoir foi parmi ce qui a été authentiquement rapporté dans les textes.

« des actes par les membres » :

Comme la prière, le jeûne, le jihad etc… Parmi les actes vertueux.

« elle augmente par l’obéissance » :

Comme Allah nous en informé dans sa parole :

« C’est Lui qui a fait descendre la quiétude dans les cœurs des croyants afin qu’ils ajoutent une foi à leur foi. A Allah appartiennent les armées des cieux et de la terre; et Allah est Omniscient et Sage. » Sourate al fath, v.4

« elle diminue par la désobéissance » :

Comme en a informé le prophète صلى الله عليه وسلم :

« le fornicateur, au moment où il fornique n’est pas croyant, le voleur lorsqu’il vole n’est pas croyant ».

C’est à dire que sa foi n’est pas complète, il possède une foi mais ce n’est pas un croyant dont la foi a été parfaitement concrétisé.

Celui donc qui contredit en cela les gens de la sounna et du consensus, les pieux prédécesseurs et ceux qui les ont suivi, alors il fait partie des catégories de gens déviants dans ce chapitre en question. Son cas dépend d’Allah il le jugera en toute équité, et ton Seigneur ne se montre injuste envers personne.

Sheikh Saleh Al Fawzan / Explication de Al jam’ al mahmoud li chourouh ha’iya ibn abi daoud p. 183-184
Sheikh Zayd Al Madkhali / Explication de Al jam’ al mahmoud li chourouh ha’iya ibn abi daoud p. 78 à 80
traduit par SalafIslam.fr