La transformation de l’alcool en vinaigre – Shaykh ‘Abd Allah Al-Bassâm

La transformation de l’alcool en vinaigre

Shaykh ‘Abd Allah Al-Bassâm

 

۲۲-
عَنْ أَنَسِ بْنِ مَالِكٍ – رضي الله عنه –  قَالَ : « سُئِلَ رَسُولُ الله ﷺ عَنْ اَلْخَمْرِ تُتَّخَذُ خَلاَّ ؟ » قَالَ : « لاَ ». أَخْرَجَهُ مُسْلِمٌ.

22/ Anas Ibn Malik ﺭﺿﻲ ﺍﻟﻠﻪ ﻋﻨﻪ rapporte : On demande au Messager d’Allah ﷺ si on pouvait transformer l’alcool en vinaigre. Il répondit :

– Non.
Sahîh. Muslim – 1983.

Enseignement du hadith :

1- L’alcool (Khamr) désigne tout ce qui enivre comme le jus de raisin ou autre, on l’a nommé ainsi car il s’empare (Khâmara) de la raison et la recouvre. L’alcool est illicite, donc il n’est pas permis d’en conserver pour en faire du vinaigre, même en le faisant passer de l’ombre au soleil, et inversement. C’est là le sens induit (Mafhûm) de la parole : « transformer l’alcool en vinaigre »

2- La transformation de l’alcool en vinaigre (At-Takhîl) ne le rend pas licite, et au contraire l’interdiction demeure. Cela est appuyer par ce que l’on rapporte lorsque l’alcool fut interdit, Abû Talhah interrogea le Prophète ﷺ concernant le vin qui appartenait à des orphelins qu’il conservait, s’il pouvait le transformer en vinaigre. Le Prophète ﷺ lui ordonna de le jeter.

3- Si l’alcool se transforme de lui-même en vinaigre, il est permis d’en consommer car son caractère enivrant a disparu, et la règle qui s’applique est la suivante :

“Le jugement dépend de l’existence ou de l’absence de la cause”.

4- Quel est le jugement porté sur le vinaigre que l’on trouve de nos jours ? Ce vinaigre a-t-il été obtenu avant ou après fermentation ? S’il est obtenu après fermentation, il n’est pas licite, mais s’il est obtenu avant fermentation et qu’on y ajoute des éléments ou des matières qui l’empêchent de fermenter, il n’y a aucun mal, même si on nomme cela vinaigre.
Fath Dhî-l-Jalâl wa-l-Ikrâm – 1/88.

5- Al-Amîr As-Sana’ânî a dit : « Le caractère illicite d’une chose n’implique pas qu’elle soit impure, car le haschich est illicite mais pur, et il n’existe aucune preuve de l’impureté des différentes drogues et poisons mortels. Inversement, l’impureté implique l’interdiction, ainsi toute impureté est illicite, mais l’inverse n’est pas forcément vrai. Ainsi, porter de l’or et de la soie est illicite, alors qu’il y a unanimité sur leur pureté. Sachant cela, l’interdiction de l’alcool mentionnée dans les Textes n’implique pas qu’il soit impur, mais une autre preuve est nécessaire, sinon le jugement reste le principe de base qui est la pureté, et celui qui prétend autre chose doit en apporter la preuve. »
Cette question ne fait pas l’unanimité chez les savants, au point que Abû Hâmid Al-Ghazâlî mentionne l’unanimité des savants sur l’impureté de l’alcool.

6- Les savants ont divergé concernant la transformation de l’alcool en vinaigre. Certains ont dit que si l’alcool se transformait de lui-même, il devenait pur, sinon non. D’autres ont soutenu que la transformation, spontanée ou provoquée, purifiait, ce qui s’oppose au hadith. Et d’autres enfin ont soutenu que la transformation, spontanée ou provoquée, ne purifiait pas. L’avis le plus juste est le premier, celui qui détaille la question.
Al-Ifhâm – 1/26.

 

Extrait tiré du livre :

Boulough Al Marâm – Tome 1

Écrit Par :
L’Imam Ibn Hajar Al ‘Asqalâni

Pages 51/52 – Édition Tawbah

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Note 4,8/5 ⭐⭐⭐⭐⭐ (selon 14 avis)

 

Retranscription autorisée par l’édition Tawbah.

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