Explication du hadith : Ô Messager d’Allah vois-tu si je prie les prières prescrites… – Sheikh Al Fawzan

Explication du hadith : Ô Messager d’Allah vois-tu si je prie les prières prescrites…

Sheikh Al Fawzan

 

 

L’imam An Nawawi رحمه الله cite dans son ouvrage  » Les 40 nawawis » :

Le hadith n°22

D’après Abi ‘Abdillah, Jabir Ibn ‘Abdillah Al Ansari qui rapporte qu’un homme interrogea le Messager d’Allah en ces termes :

Ô Messager d’Allah, qu’en penses-tu, si je prie les prières prescrites, que je jeûne le mois de Ramadan, que je rends licite le licite et interdit l’illicite et que je n’ajoute rien à cela, entrerais-je au paradis ? 

Il répondit :
Oui.

(Alors l’homme) répondit :
Par Allah, je n’ajouterai rien à cela.

Rapporté par Muslim.

Commentaire du Sheikh Saleh Al Fawzan حفظه الله.

Cet homme interroge le Prophète صلى الله عليه وسلم :

⇒ « que penses-tu »
C’est-à-dire : Informe moi ô Messager d’Allah

⇒ « si je prie les prières prescrites obligatoires »
C’est à dire : Si je me limite à prier les cinq prières quotidiennes sans prier de prières surérogatoires.

⇒ « que je jeûne le mois de Ramadan »
C’est à dire : Je me limite au jeûne obligatoire sans accomplir de jeûne recommandé.

⇒ « que je rends autorisé le licite »
C’est à dire : que j’ai la conviction de sa licéité et que je le pratique, que je me nourris de ce qui est licite      et en profite.

⇒ « que je rends interdit l’illicite »
C’est à dire : que j’ai la conviction de son caractère illicite et que je l’évite.

⇒ « Entrerai-je au paradis ? »
Le Messager صلى الله عليه وسلم répondit : « Oui »
C’est à dire : Tu entreras au paradis.

Il y a dans ce hadith ce qui indique que celui qui accomplie les obligations et les prescriptions tout en délaissant les interdits, en se suffisant du licite au dépens de ce qui ne l’est pas parmi les nourritures, les boissons, alors une telle personne entrera au paradis.

Et Allah a divisé les croyants en trois catégories :

⇒ La première : Celle de gens injustes envers leur propre personne qui caractérise le genre d’individu tombant dans les péchés moindres que le polythéisme.

Un tel type d’individu est sous le coup de la volonté d’Allah, s’il veut il lui pardonne et s’il veut il le châtie. Cependant, il comptera au final parmi les gens du paradis. Même s’il doit être châtié auparavant, son lieu de destination sera le paradis.

La seconde catégorie : Est celle visée dans ce hadith. Il s’agit du type de personnes qui se restreignent uniquement à l’accomplissement des obligations, qui ne pratiquent pas d’actes surérogatoires, qui délaissent les interdits et se suffisent des choses permises.

 La troisième catégorie : Ceux qui se précipitent au bien et s’y concurrencent. C’est le type de personne qui accomplie les obligations et les prescriptions ainsi que les actes surérogatoires, qui évite les interdits et les choses répréhensibles et certaines choses permises de base mais par précaution.

Ce genre d’individu a le degré le plus élevé parmi les croyants.


Allah تعالى dit, dans la traduction rapprochée du sens du verset :

Il en est parmi eux qui font du tort à eux-mêmes, d’autres qui se tiennent sur une voie moyenne, et d’autres avec la permission d’Allah devancent [tous les autres] par leurs bonnes actions.

Fatir, v.32.

Les croyants occupent forcément une place dans ces trois catégories et tous finiront au paradis.

Allah تعالى dit, dans la traduction rapprochée du sens du verset :

Les jardins d’Eden où ils entreront, parés de bracelets en or ainsi que de perles ; et là, leurs vêtements sont de soie.

 Fatir, v.33.

À tel point que même celui injuste envers sa propre personne sera au paradis, tant qu’il n’a pas commis de polythéisme ni de grande mécréance.

Celui-ci, tant que ses fautes et ses péchés sont moindres que le polythéisme, alors il comptera parmi les gens du paradis, qu’il y soit introduit d’emblée par l’indulgence d’Allah et son pardon ou bien après qu’Il l’ait châtié proportionnellement à ses péchés, afin de le purifier de ses péchés.

 

Sheikh Al Fawzan / Al Minhatou Ar Rabbaniyah Fi Sharhi l Arba’in An Nawawiyah / p. 186 – 187.
traduit par SalafIslam.fr

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