Le cadeau offert à l’intercesseur – Al Hâfidh Ibn Hajar Al-Asqalânî

Le cadeau offert à l’intercesseur
Al Hâfidh Ibn Hajar Al-Asqalânî

 

 

719/ Abû Umâmah ﺭﺿﻲ ﺍﻟﻠﻪ ﻋﻨﻪ rapporte que le Prophète ﷺ a dit : 

Celui qui intercède pour son frère, qui lui offre en retour un cadeau, et qu’il accepte, aura emprunté une porte immense des portes de l’usure. 
Hasan/ Abû Dâwud – 3541.

Enseignement du hadith 

1- L’intercession (As-Shafâ’ah) désigne la méditation (Al-Wasâtah) pour répondre à un besoin. Le terme est dérivé de As-Shaf’ (le pair) qui est l’opposé de Witr (l’impair), ceci car celui qui est dans le besoin était seul dans sa quête, et après que quelqu’un l’ait rejoint ils sont désormais deux, au lieu d’être seul.
Allah سبحانه و تعالى dit :
Quiconque intercède d’une bonne intercession, en recevra une part (de bien) ; et quiconque intercède d’une mauvaise intercession portera une part (du péché).
Sourate An-Nisâ’ v.85.
L’intercession est donc de deux types : une intercession dans le bien qui est louable, et une intercession dans le mal qui est blâmable.
Tas-hîl Al-Ilmâm – 4/113.

2- L’intercession (As-Shafâ’ah) en faveur d’autrui se réalise dans les cas suivants :

Intercéder pour le sauver d’une injustice qui le frappe, et cette intercession est obligatoire pour qui en est capable, et il interdit de percevoir quoi que ce soit en échange ;
Intercéder pour lui accorder une chose à laquelle il n’a pas droit, comme une fonction ou un travail, et le fait de lui obtenir est une injustice qui lui est faite, ainsi qu’à celui auprès duquel on intercède, à la fonction et ceux qui en bénéficient, cette intercession est illicite, et ce qu’on peut en retirer est illicite;
Intercéder afin de parvenir a une chose permise dont la personne pour laquelle on intercède tirera profit, en ce cas il est meilleur de ne rien percevoir en contrepartie et d’en faire un acte de bienfaisance, mais si on perçoit quelque chose il n’apparaît pas que ce soit illicite, et ce qu’on peut en retirer est illicite ;
 Intercéder pour stopper l’application d’une peine légal prescrite par Allah, ce qui est illicite après que l’affaire soit parvenue aux gouverneurs ou leur représentants.

3- L’usure (Ar-Ribâ) est ici à comprendre dans le sens langagier qui est l’excès (Az-Ziyâdah), ceci car celui qui intercède pour son frère aura déjà obtenu récompense et réputation pour son attitude, et s’il accepte un présent, c’est un excédent  à la récompense qu’il a déjà obtenue pour son intercession. De plus, ce présent n’est généralement pas connu, ainsi les gens pensent que cet intercesseur est totalement bienfaisant, et il en  tire une bonne réputation qu’il ne mérite pas, de même que le présent qu’on lui a offert qui est un excédent est une forme “d’usure”.
Sharh Bulûgh Al-Marâm, Livre des ventes, cassette n°16.

4- Le Prophète ﷺ a également nommé cela “usure” (Ribâ) car c’est un gain illicite, et tout gain est nommé Ribâ
Tashîl Al-Ilmâm – 4/114.

 

Extrait tiré du livre :

BOULOUGH AL MARÂM (Tome 2)
Écrit Par Al Hâfidh Ibn Hajar Al Asqalânî

Pages 275/276 – Éditions Tawbah

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Note 4,9/5 ⭐⭐⭐⭐⭐ (selon 13 avis)


Retranscription autorisée par les éditions TAWBAH.

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