Les causes de persévérance dans les études – Cheikh Sâlih ibn ‘Abdul-‘Azîz Âl ach-Cheikh

Les causes de persévérance
dans les études

Cheikh Sâlih ibn ‘Abdul-‘Azîz Âl ach-Cheikh

 

 

La progressivité.

Il faut donc procéder progressivement. Supposons que l’étudiant parvienne à maîtriser une question religieuse tous les deux jours. Et quand je dis “maîtriser”, j’entends par là que la question est parfaitement assimilée, avec ses arguments religieux. Cela signifie qu’en une seule année, l’étudiant aura assimilé 180 questions religieuses, 360 questions en deux ans et 1800 questions au bout de dix ans. Après trente ans d’études à ce rythme, nous serons en présence d’un savant aux connaissances profondément ancrées.
Les questions religieuses lui apparaîtront extrêmement limpides, sans qu’aucune ambiguïté n’entache leur clarté.
Ceci peut devenir une réalité en n’étudiant qu’une seule question tous les deux jours. Qu’en serait-il si l’étudiant étudiait une question par jour ? Ou deux questions par jour ?

L’essentiel est donc que l’étudiant acquiert le savoir en fonction de ses capacités, mais c’est sa constance qui lui permettra d’atteindre son objectif.

Prenons l’exemple de la pluie. Si celle-ci tombe en averse sur un sol aride, elle se disséminera instantanément dans les torrents et les ruisseaux, car elle se déverse du ciel avec force. Le sol qui reçoit l’eau de la pluie de façon aussi rude, va-t-il en profiter de la même manière qu’un sol qui a eu le temps de l’absorber ? La réponse est négative, car l’eau de pluie qui tombe doucement sur une période d’une ou deux semaines permet au sol d’être parfaitement irrigué.

C’est là une métaphore éloquente permettant de saisir l’importance de l’acquisition du savoir, qui doit se faire de manière progressive. Ainsi l’étudiant qui aura assimilé un peu du savoir religieux se rendra compte après un certain temps que cette petite quantité de connaissances parfaitement assimilée lui permettra d’être utile aux gens, et il parviendra à s’en rappeler de manière très claire.

Ancrer les connaissances.

Il arrive parfois que certains étudiants prennent la parole, sans que leurs propos ne soient réellement convaincants. Ceci est dû au fait que leurs connaissances religieuses ne sont pas suffisamment ancrées en eux, ni complètement assimilées. Un auditoire averti remarquera que les propos de cet étudiant sont imprécis, flous, incertains, et qu’il ne parvient pas à faire passer son message, car sa maîtrise du sujet laisse à désirer.

Ainsi, un étudiant, ou un savant, qui maîtrise son sujet à 90%, mais pour qui les 10% restants sont flous, risque de tenir des propos confus, et sera incapable de transmettre des informations qu’il n’a lui-même pas assimilé à 100%.

En revanche, si les connaissances sont ancrées et claires, et ont été acquises progressivement, elles s’établiront durablement dans son cœur, et il pourra alors faire bénéficier les autres de ce savoir. II ne faut donc en aucun cas occulter cette réalité :
Le savoir religieux s’acquiert progressivement.

Eviter debutiner.

Quant aux étudiants qui butinent, ils n’ont rien à voir avec le savoir religieux. J’entends par le terme « butiner » le phénomène que nous avons pu constater chez certains étudiants, consistant à assister au cours de tel savant pendant un certain temps, puis de participer au cours de tel grand savant pendant un mois, puis abandonner le savant pendant un certain temps, puis de participer au cours de tel grand savant pendant un mois, puis abandonner le savant pendant un certain temps, puis de participer au cours de tel grand savant pendant un mois, puis abandonner le cours, sans en avoir tirer le moindre profit, car ils se contentent de goûter çà et là aux cours qui sont dispensés. Chaque année, nous remarquons certains étudiants qui se consacrent aux études un ou deux mois, puis lâchent prise. Leur quête du savoir n’étant pas constante et continue, ils ne pourront tirer quoi que ce soit des cours auxquels ils assistent.
Seul l’étudiant persévérant et patient récoltera, au fil du temps, les fruits de ses efforts, par la volonté d’Allah.

S’armer d’une intention sincère

Pour parvenir à persévérer sur le chemin du savoir et ne jamais l’abandonner, l’étudiant doit être armé d’une intention sincère. En effet, le Coran nous ordonne d’acquérir le savoir, de même que le Prophète ﷺ nous commande de rechercher la science religieuse. S’il s’agit d’un ordre, c’est donc un acte d’adoration.

En effet, qu’est-ce que l’adoration ? Il s’agit de tout ce qui a été commandé par Allah, et qui ne découle ni d’une nécessité logique, ni d’un principe coutumier. Si la quête du savoir religieux est ordonnée par Allah, c’est donc un acte d’adoration.
Et si c’est un acte d’adoration, la sincérité doit être de mise.

Être sincère dans la quête du savoir consiste pour l’étudiant à parfaire son intention. L’Imam Ahmad fut interrogé un jour à ce sujet, car c’est une question épineuse.

En effet, comment être sincère dans la quête du savoir religieux ? Comment être sincère dans ses œuvres ? Dans sa prière ? Dans son jeûne ?

Cette sincérité consiste à rechercher la satisfaction divine dans la quête du savoir religieux, et non l’ostentation, la gloriole, l’orgueil, l’infatuation, la célébrité, les honneurs… L’étudiant doit uniquement chercher à dissiper l’ignorance qui l’habite.

L’imam Ahmad a répondu :

« Une intention sincère dans la quête du savoir religieux consiste à chercher à se débarrasser de sa propre ignorance. »
Voir Kitâb Al’Ilm d’Ibn ‘Uthaymîn – 1/145.

 

Extrait tiré du livre :

Comment apprendre sa religion ?

Conférence du Cheikh
Sâlih ibn ‘Abdul-‘Azîz Âl ach-Cheikh

Pages 106/108 – Éditions Anas

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Note 4,8/5 ⭐⭐⭐⭐⭐ (selon 14 avis)

 

Retranscription autorisée par les éditions Anas.

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