La différence entre l’envie et la concurrence – Shaykh Al-Islâm Ibn Taymiyyah

La différence entre l’envie et la concurrence

Shaykh Al-Islâm Ibn Taymiyyah

 

 

Deux personnes peuvent se concurrencer dans la réalisation d’actes aimés et recommandés, chacun veut en faire plus, ceci car aucun des deux ne veux être devancé – en termes de mérite – par l’autre, comme un coureur qui n’aime pas être dépassé par son concurrent et vice versa.

La concurrence n’est pas totalement blâmable, au contraire elle est louée si elle vise le bien.
Allah سبحانه و تعالى dit : 

إِنَّ ٱلْأَبْرَارَ لَفِى نَعِيمٍ – عَلَى ٱلْأَرَآئِكِ يَنظُرُونَ – تَعْرِفُ فِى وُجُوهِهِمْ نَضْرَةَ ٱلنَّعِيمِ
يُسْقَوْنَ مِن رَّحِيقٍۢ مَّخْتُومٍ – خِتَٰمُهُۥ مِسْكٌۭ ۚ وَفِى ذَٰلِكَ فَلْيَتَنَافَسِ ٱلْمُتَنَٰفِسُونَ

Les pieux seront dans [un jardin] de délice, sur les divans, il regarderont (leur Seigneur et Ses bienfaits). Tu reconnaîtras sur leurs visages, l’éclat de la félicité. On leur donnera à boire un nectar cacheté, laissant un goût de musc. Que ceux qui convoitent (ces bienfaits) s’empressent (d’accomplir de bonnes actions).
Al-Mutaffifûn, v.22-26.

Allah سبحانه و تعالى a ordonné de se concurrencer dans ce bienfait (du Paradis) et pas les délices éphémères de ce bas monde. Cela est en accord avec la Parole du Prophète ﷺ qui a interdit la jalousie sauf en deux cas :

Un homme a qui on a accordé la science qu’il met en pratique et enseigne ;
Et un homme a qui on a accordé des biens qui les dépense (dans l’obéissance à Allah).

Quant à celui à qui on a accordé la science mais qui ne la met pas en pratique et ne l’enseigne pas, ou celui qui a des biens qu’il ne dépense pas dans l’obéissance à Allah, ils ne doivent pas être enviés, et il ne faut pas souhaiter d’être dans leur situation. En effet, ils ne sont pas dans un bien que l’on peut convoiter, mais au contraire ils tombent sous la menace du châtiment d’Allah.

Quant à celui à qui l’on confie un tâche et l’accomplit avec science et justice, qui respect les dépôts, qui juge entre les gens par le Coran et la Sunna, il est certes à un rang élevé, mais cela demande un grand effort comme le combattant sur le sentier d’Allah.

Les âmes n’envient pas ceux qui se fatiguent beaucoup
C’est pour cela que le (le Prophète) ne les a pas cités, bien que le combattant dans le sentier d’Allah soit meilleur que celui qui dépende de ses biens. Mais l’enseignement ou le bienfaiteur n’ont généralement pas d’ennemis de l’extérieur, et si on peut concevoir qu’ils en aient, cela est encore meilleur pour leur degré (auprès d’Allah). De même, le Prophète ﷺ n’a pas cité le prieur, le jeûneur et le pèlerin, car en général ces actes ne sont pas d’un intérêt public tel que les gens on de l’estime pour la personne concernée ou la considèrent supérieur à eux, comme c’est le cas pour celui qui enseigne ou dépense de ses biens.

En général, la jalousie naît du rang de la domination que possèdent autres que soi. Ainsi, l’ouvrier est rarement envié même s’il jouit de plus de nourriture, de boisson et de femmes que d’autres, contrairement au savant et au bienfaiteur qui sont souvent jalousés. C’est pour cela que certains savants qui ont beaucoup de disciples vont être jalousés plus qu’un autre qui n’aurait ce rang, de même pour celui qui dépense de ses biens. Le premier nourrit le cœur des gens et le deuxième leur corps, et les gens ont besoin de ces deux choses.

 

Extrait tiré du livre :

Les Maladies du Coeur
Écrit Par Shaykh Al-Islâm Ibn Taymiyyah

Pages 51/52 – Éditions Tawbah

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Note 4/5 ⭐⭐⭐⭐⭐ (selon 2 avis)


Retranscription autorisée par les éditions TAWBAH.

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