La distance d’un voyage permettant l’écourtement de la prière – Al Hâfidh Ibn Hajar Al Asqalânî

La distance d’un voyage
permettant l’écourtement de la prière

Al Hâfidh Ibn Hajar Al Asqalânî

 

 

350/ Anas ﺭﺿﻲ ﺍﻟﻠﻪ ﻋﻨﻪ rapporte : 

Lorsque le Messager d’Allah ﷺ voulait parcourir une distance de trois miles ou de trois lieues, il n’accomplissait que deux unités de prière.
Sahîh/ Muslim – 691.

Enseignements du hadith 

1- Lorsque le Prophète ﷺ quittait Médine et parcourait une distance de trois miles ou de trois lieues, il n’accomplissait plus que deux unités de prière pour celles qui sont normalement accomplies en quatre unités.

2- Le parcours de cette distance permet d’écourter et regrouper les prières, mais on ne peut comprendre du hadith que c’est là la distance minimale pour que cela soit permis.

3- Le hadith n’indique pas non plus qu’il faille attendre de parcourir cette distance pour pouvoir écourter et regrouper la prière, mais à partir du moment où on a l’intention de parcourir cette distance.

4- Un lieue (Farsakh) représente trois miles (Mîl), et un mile représente un kilomètre et demi. L’hésitation dans le hadith vient du transmetteur et ne figure pas à l’origine dans le texte.

5- La majorité des savants, depuis les Compagnons et après eux, est d’avis que l’ont peut écourter et regrouper les prières à partir du moment où l’on quitte les limites habitées de sa ville.
Ibn Al-Mundhir rapporta une unanimité à ce sujet, car Allah a permis l’écourtement de la prière à celui qui parcourt la terre, et avant de quitter sa ville on ne parcourt pas la terre et on n’est pas voyageur, et le Prophète ﷺ ne raccourcissait la prière que lorsqu’il avait débuté son voyage.

6- Les savants ont divergé concernant la distance permettant d’écourter la prière, ainsi que l’application des permissions liées au voyage.
Abû Hanîfah a été d’avis que la plus petite distance était celle parcourue en trois jours par une chamelle chargée, en qu’en deçà de cela n’était pas permis. Les trois autres imams ont été d’avis que cela était la distance parcourue en deux jours par une chamelle chargée. Mais on rapporte de Ibn ‘Abbâs et Ibn ‘Umar ce qui est contraire à l’avis de nos compagnons (hanbalites). Si leurs avis ne sont donc pas fondés, on ne peut pencher pour une distance donnée, et ce pour deux raisons :

Cela s’oppose à la Sunna et au sens apparent du verset qui permet l’écourtement à celui qui parcourt la terre, et apparemment cela concerne tout parcours sur terre.
• Pour fixer une distance un Texte est nécessaire, il n’est donc pas permis de pencher pour un avis sans cela, et les Textes sont en faveur de ceux qui ont permis l’écourtement pour tout voyageur.

Shaykh Al-Islâm Ibn Taymiyyah a dit :Il n’y a aucun fondement pour distinguer du voyage court du long dans le Livre d’Allah سبحانه و تعالى et la Sunna du Messager d’Allah , mais Allah a exposé les règles de manière globale, ainsi ce qui doit être pris en considération est l’usage :

Ce qui dans l’usage est considéré comme un voyage est ce qui permet d’accomplir les règles du voyage.

Ibn Al-Qayyim a dit : Le Messager d’Allah n’a pas fixé à sa Communauté de distance permettant d’écourter la prière et de rompre le jeûne, mais il a exposé cela de manière globale pour tout ce qui est considéré comme un voyage et un parcours sur terre
Et c’est l’avis de nombreux savants cheminant sur la voie des pieux prédécesseurs dans la région du Nadj (Région centrale de la Péninsule Arabique).

 

Extrait tiré du livre :

BOULOUGH AL MARÂM (Tome 1)
Écrit Par Al Hâfidh Ibn Hajar Al Asqalânî

Pages 424/425 – Éditions Tawbah

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Note 4,9/5 ⭐⭐⭐⭐⭐ (selon 13 avis)


Retranscription autorisée par les éditions TAWBAH.

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