La mise en évidence d’exemples d’innovations contemporaines

Cours n°47 

Concernant la mise en évidence d’exemples d’innovations contemporaines

Elles sont les suivantes :

♦ La fête de la naissance du prophète صلى الله عليه وسلم (al-mawlid).

♦ La recherche de la bénédiction des lieux, des monuments, des morts et autres.

♦ Les innovations dans le domaine des adorations et du culte.

Les innovations contemporaines sont nombreuses, étant donné l’écart de temps qui nous sépare de l’époque du prophète صلى الله عليه وسلم, le manque de savoir, le grand nombre des prêcheurs aux innovations et transgressions (religieuses) et l’imitation des mécréants dans leurs coutumes et leurs rites, conformément à la déclaration du prophète صلى الله عليه وسلم : “vous suivrez certes les voies de ceux qui vous ont précédés” Rapporté par Boukhari et Muslim. (NDT)


La célébration de la naissance du prophète صلى الله عليه وسلم

Cette fête est une copie de la noël des chrétiens. Les ignorants parmi les musulmans ou les pseudo savants qui égarent (les gens) célèbrent chaque année, au mois de rabbi’ al-awal, l’anniversaire de la naissance du prophète صلى الله عليه وسلم. Cette fête a lieu dans les mosquées, les maisons ou dans des endroits aménagés pour cette occasion. Des foules y prennent part, imitant ainsi les chrétiens dans la célébration de Noël. Non seulement cette fête est une innovation et une imitation des chrétiens, mais également, elle ne manque pas de pratiques polythéistes et d’actes répréhensibles, telle la récitation de poèmes contenant des éloges exagérés concernant le prophète صلى الله عليه وسلم, au point même de l’invoquer et de solliciter son secours en dehors d’Allah.

Or le prophète صلى الله عليه وسلم a interdit qu’on lui fasse des éloges exagérées, il dit : “Ne me couvrez pas exagérément d’éloges comme l’ont fait les chrétiens à l’égard du fils de Marie. Je ne suis rien d’autre qu’un serviteur, dites alors : “Serviteur d’Allah et son messager” Rapporté par Boukhari et Muslim.

Il arrive même à certaines personnes de croire que le prophète صلى الله عليه وسلم assiste à ces cérémonies.

Parmi les actes répréhensibles qui accompagnent ces fêtes :

Les chants mélodieux rythmés en chœur, le battement de tambour et les invocations hérétiques des soufis. Parfois, il s’ajoute la mixité entre les hommes et les femmes, engendrant ainsi la tentation qui incite à la débauche. Et même si on suppose que cette fête soit exempte de toutes ces incommodités, et qu’elle se limite à une simple réunion, à un repas et à une manifestation de joie, comme ils le prétendent, elle demeure toujours une pratique innovatrice et “toute nouveauté est une innovation, et toute innovation est égarement”. De plus (ces cérémonies) peuvent s’empirer jusqu’à ce qu’il se produise ce qui est exhibé dans les autres fêtes comme actes illicites.

On dit que c’est une innovation, car elle ne repose sur aucune preuve tirée du coran et de la sounnah et n’est même pas connue de la pratique des pieux prédécesseurs ayant vécus dans les meilleures générations.

Cette fête fut innovée au quatrième siècle de l’hégire par les chiites fatimides.

L’imam Abou Hafs Tadjadin al-Fakihany a dit :

“J’ai été, à plusieurs reprises interrogé par un groupe de fidèles au sujet de l’assemblée organisée par certaines personnes pendant le mois de rabbi’ al-awal, ils la surnomment al-mawlid. Cela, a-t-il une origine dans la religion ? Ils désiraient une réponse claire et une explication précise.

Avec l’aide d’Allah, ma réponse fut la suivante : “Je ne connais ni dans le coran ni dans la sounnah une preuve qui appuie cette pratique, elle n’a fait l’objet d’aucune narration des savants de la communauté qui étaient des exemples dans la pratique de la religion et suivaient fermement les pas des prédécesseurs. Il s’agit là d’une innovation fabriquée de toutes pièces par des personnes désœuvrées et avides des passions de l’âme”.

De son côté, Sheikh Al Islam Ibn Taymiyya s’exprima en ces termes :

“De même, ce qui a été innové par certains, soit par imitation des chrétiens dans la célébration de la naissance de ‘Issa (Jésus), ou soit par amour et admiration à l’égard du prophète صلى الله عليه وسلم  dont la date exacte de sa naissance fait l’objet d’une divergence d’opinions.

Les prédécesseurs ne fêtèrent jamais sa naissance. Si cette fête fut un bien pur ou presque pur, ils nous auraient certainement précédés d’autant plus qu’ils aimaient et admiraient le prophète صلى الله عليه وسلم plus que nous et étaient plus soucieux à faire le bien.

Cependant l’amour du prophète صلى الله عليه وسلم et son admiration consiste à le suivre et à lui obéir, à observer ses ordres, à revivifier sa sounnah en apparence et intérieurement, à déployer les efforts dans la propagation de son message par le cœur, la main et la langue.

Telle était la voie des premiers musulmans, émigrés et Ansar et ceux qui les suivirent vertueusement” Iqtidaou a-sirati al-moustaquim (2/615) avec le tahqiq du d. Nassir al-’aql.

Des ouvrages spécialisés et des épîtres anciennes et récentes furent rédigés afin de réfuter cette célébration hérétique qui est en même temps une imitation aveugle et une innovation qui engendrent une série d’autres fêtes commémorant la naissance des saints, des shouyoukh et dirigeants, ouvrant ainsi de nombreuses portes du mal.


La recherche de bénédiction auprès des lieux, des monuments et des personnes vivantes ou mortes

Parmi les hérésies inventées par les gens, la recherche de bénédiction auprès des créatures. Ceci est une forme d’idolâtrie et un moyen pour certains de gagner leur vie en soutirant les biens d’autrui.

Le terme “tabarrouk”, en langue arabe, connote le sens de solliciter la bénédiction.
Et la bénédiction signifie : la constance de bien dans une chose et son abondance. Or il n’est pas permis de demander cela sauf à celui qui le détient, c’est-à-dire Allah. Lui seul fait descendre la bénédiction et la rend constante.

Il est donc interdit de rechercher la bénédiction en des lieux, des monuments ou auprès de personnes mortes ou vivantes, cela est un acte de polythéisme si celui qui se rend coupable de cela, croit que ces choses procurent de la bénédiction.

Toutefois s’il croit que la visite de ces lieux, leur contact ou leur frottement est une cause pour obtenir la bénédiction d’Allah, il emprunte alors une voie susceptible de le conduire au polythéisme.

Quant à la pratique des compagnons qui consistait à rechercher la bénédiction dans les cheveux du prophète صلى الله عليه وسلم, dans sa salive et la sueur sécrétée par son corps, cela était particulier au prophète صلى الله عليه وسلم et uniquement pendant son vivant.

Après sa mort, ils n’allaient pas auprès de sa tombe, ni fréquentaient les endroits ou il avait prié où il s’était installé, dans le but d’y trouver bénédiction.

Les compagnons ne recherchaient pas non plus bénédiction auprès des personnes pieuses comme Abou Bakr, Omar ou d’autres, que ce soit de leur vivant ou après leur mort.

Ils ne se dirigeaient pas à la grotte Hira pour y prier ou faire des invocations, ils n’allaient pas au mont a-tour ou Allah parla à Moise, ni d’autres lieux comme les montagnes auprès desquelles sont passés les prophètes.

Aucun des compagnons n’embrassa ou ne massa le lieu de prière du prophète صلى الله عليه وسلم, que ce soit à Médine ou à La Mecque ou ailleurs.

S’il n’est pas autorisé de se frotter ou d’embrasser ces endroits, alors que dire des lieux ou un autre que lui صلى الله عليه وسلم pria ou dormit ? Les savants ont su, par (les principes évidents) de la religion de l’islam, que cela n’est pas de la législation du prophèteصلى الله عليه وسلم. Iqtidaou a-sirati al-moustaquim (2/795-802) avec le tahqiq du d. Nassir al-’aql.


Les innovations dans le domaine des adorations et du culte

Nombreuses, à notre époque, sont les innovations introduites dans le domaine des adorations. La règle relative au culte est l’interdiction de pratiquer toute adoration sans preuve qui la valide. Par conséquent, tout acte dépourvu de preuve est une hérésie, comme l’indique cette parole du prophète صلى الله عليه وسلم: “toute pratique non conforme à notre ordre est à rejeter”.

De nos jours, les actes d’adoration accomplis, démunis de toute preuve, sont très nombreux, parmi eux :

♦ La prononciation de l’intention au moment de prier en disant : “Je formule l’intention d’accomplir pour Allah telle prière”. Ceci est une innovation, car c’est une pratique qui n’est pas de la sunna du prophète صلى الله عليه وسلم. Allah dit:

 قُلْ أَتُعَلِّمُونَ اللَّهَ بِدِينِكُمْ وَاللَّهُ يَعْلَمُ مَا فِي السَّمَوَاتِ وَمَا فِي الأَرْضِ وَاللَّهُ بِكُلِّ شَيْءٍ عَلِيمٌ

« Dis : ‹Est-ce vous qui apprendrez à Allah votre religion, alors qu’Allah sait tout ce qui est dans les cieux et sur la terre ? › Et Allah est Omniscient » (Les appartements – 16)

La place de l’intention est dans le cœur, c’est donc un acte du cœur et non de la langue.

♦ Prononcer des invocations de manière collective après la prière. Chacun doit plutôt réciter ses invocations rituelles individuellement.

♦ La lecture de la sourate l’ouverture (al-fatiha) dans certaines occasions, après les invocations ou à l’intention des morts.

♦ L’organisation des obsèques, la préparation des repas à la suite d’un décès et louer les services de ceux qui lisent le coran, prétendant que cela est compris dans les condoléances qui profitent au mort. Ce sont des pratiques innovatrices et des fardeaux dont Allah n’a fait descendre à leurs sujets aucune preuve.

♦ La célébration des fêtes dites religieuses, les événements comme l’ascension de l’hégire. Tout ceci n’a aucun fondement.

♦ Les pratiques exercées durant le mois de rajab, comme les adorations spécifiques à ce mois, à l’exemple de la prière et du jeûne surérogatoire. Elles n’ont, en fait, rien qui ne les différencie dans ce mois du reste des autres mois, que ce soit à propos du jeûne, de la prière, des sacrifices ou autres.

♦ Les différentes invocations soufies. Elles sont non conformes aux invocations légitimes dans leur forme et le moment de leur pratique.

♦ Caractériser la nuit du milieu du mois de cha’bane en priant, ainsi que son jour en jeûnant. Il n’y a aucune preuve de la sounnah du prophète صلى الله عليه وسلم à propos de cela.

♦ La construction d’édifices au dessus des tombes, et les prendre comme lieux de prière, leur visite en quête de bénédiction, la sollicitation des morts et autres actes polythéistes. La visite des femmes, alors que le prophète صلى الله عليه وسلم a maudit celles qui visitent les tombes. Ceux qui les prennent comme des mosquées ou accrochent auprès d’elles des lanternes.

⇒ Conclusion

Les innovations conduisent tout droit à la mécréance, elles représentent un surplus dans la religion dont Allah et son prophète  صلى الله عليه وسلم n’ont pas légiférées. L’innovation est pire que les grands péchés, le diable s’en réjouit plus qu’il ne se réjouit des grands péchés, car celui qui commet un grand péché le reconnaît et demande pardon (à Allah) de cela. Par contre, l’innovateur pratique les hérésies en tant que culte, il ne peut donc se repentir de cela. L’innovation prend la place de la sounnah et rend la pratique de la sounnah, ainsi que ses adeptes, détestables auprès des innovateurs. L’innovation éloigne d’Allah et implique sa colère et son châtiment et cause l’égarement et la détérioration du cœur.

⇒ Quelle attitude doit-on avoir vis-à-vis des innovateurs

Il est interdit de visiter l’innovateur et de s’asseoir auprès de lui, sauf dans le but de lui donner conseil ou de le blâmer, car sa compagnie influence en mal celui qui l’accompagne et le rend agressif envers les autres. Il faut prévenir d’eux et de leur mal si on ne peut les corriger ou les empêcher de pratiquer leurs innovations. Sinon, il incombe aux savants et aux responsables de stopper leurs innovations, de les punir et de réprimander leurs infractions, car leur préjudice envers l’islam est très dangereux. Faut-il savoir également que les états mécréants incitent les innovateurs à propager leurs hérésies et les aident par divers moyens, car, grâce à cela, ils peuvent ainsi annihiler l’islam et discréditer son image.

 

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