L’unicité dans l’invocation pour chasser la peine – Ibn Al-Qayyim

L’unicité dans l’invocation
pour chasser la peine

Ibn Al-Qayyim

 

 

On rapporte dans Al-Musnad et Sahîh Abî Hâtim, d’après ‘Abd Allah ibn Mas’ud ﺭﺿﻲ ﺍﻟﻠﻪ ﻋﻨﻪ, que le Prophète ﷺ a dit :

Aucun serviteur n’est atteint d’angoisse ou de tristesse et ne dit : “Ô Allah ! Je suis Ton serviteur, fils de Ton serviteur, fils de Ta servante, mon toupet [la base des cheveux sur le front] est dans Ta main. Ton jugement s’accomplit sur moi, et en toute justice ce que Tu m’as décrété se réalise. Je T’implore par tous Tes noms, par lesquels Tu T’es nommé, que Tu as révélés dans Ton Livre, que Tu as enseignés à l’une de Tes créatures, ou que Tu as gardés secret dans la science de l’Invisible auprès de Toi, de faire du Coran l’ondée printanière de mon cœur, la lumière de ma poitrine, la dissipation de ma tristesse et la fin de mes angoisses et soucis” sans qu’Allah ne fasse disparaître ses soucis et son angoisse et ne les remplace par la joie.
Les Compagnons dirent : – Ô Messager d’Allah ! Ne devons nous pas apprendre [ces paroles] ?
Il dit : Bien sûr ! Il convient à toute personne qui les entend de les apprendre.

Ce hadith grandiose comprend des élément [importants] concernant la connaissance, l’Unicité et la Seigneurie [d’Allah] parmi lesquels :

– Celui qui prononce [cette invocation] débute sa demande en disant : “Je suis Ton serviteur, fils de Ton serviteur, fils de Ta servante” et cela inclut tous ses ancêtres en commençant par ses parents jusqu’à Adam et Eve. Ainsi il flatte [Allah سبحانه و تعالى] et s’humilie devant Lui, reconnaissant que lui et ses ancêtres ne sont que les esclaves d’Allah. Le serviteur n’a pour lui que la porte de son Maître, Ses bienfaits et Sa bienfaisance. Si son Maître le néglige et l’abandonne, au contraire il se perdra de la pire des manières.

Ainsi, [le serviteur] reconnaît : je ne peux me passer de Toi, ne serait-ce que le temps d’un clin d’œil, et je ne peux chercher secours et refuge qu’auprès de mon Seigneur dont je suis le serviteur. Il reconnaît sa servitude, le fait qu’il soit dirigé, soumis aux ordres et interdictions [d’Allah] et ne peut agir que dans le cadre de cette Seigneurie et non de sa seule volonté. Seuls les rois et les hommes libres peuvent [agir selon leur volonté propre], quant aux serviteurs, leurs actes sont liés à la seigneurie, ils sont assujettis par l’obéissance et liés [à Allah سبحانه و تعالى] par une relation d’appartenance, comme Il dit dans Sa Parole :

إِنَّ عِبَادِى لَيْسَ لَكَ عَلَيْهِمْ سُلْطَٰنٌ

Sur Mes serviteurs, tu n’auras aucune autorité
Sourate Al-Hijr, v.42.

وَعِبَادُ ٱلرَّحْمَٰنِ ٱلَّذِينَ يَمْشُونَ عَلَى ٱلْأَرْضِ هَوْنًۭا وَإِذَا خَاطَبَهُمُ ٱلْجَٰهِلُونَ قَالُوا۟ سَلَٰمًۭا

Les serviteurs du Tout Miséricordieux sont ceux qui marchent humblement sur terre et qui, lorsque les ignorants s’adressent à eux, disent : “Paix”.
Sourate Al-Furqân, v.63.

Quant aux autres [créatures], elles sont soumises à la Domination et la Seigneurie [d’Allah]. Elles lui sont naturellement attribuées de la même manières que l’on attribue l’ensemble des maisons à Allah سبحانه و تعالى [par une relation particulière d’appartenance honorifique], comme celle qui lie Allah à la maison sacrée, à Sa chamelle¹, à Sa Demeure qui est le Paradis, ou comme la relation Le liant à l’assujettissement de Son Messager par Sa Parole :
1La chamelle miraculeuse du peuple de Thamûd [Ndt]

وَإِن كُنتُمْ فِى رَيْبٍۢ مِّمَّا نَزَّلْنَا عَلَىٰ عَبْدِنَا

Si vous avez un doute sur ce que nous avons révélé à Notre serviteur “
Sourate Al-Baqarah, v.23.

سُبْحَٰنَ ٱلَّذِىٓ أَسْرَىٰ بِعَبْدِهِ

Gloire et pureté à Celui qui fit voyager Son serviteur [Muhammad]
Sourate Al-Isrâ-, v.1.

وَأَنَّهُۥ لَمَّا قَامَ عَبْدُ ٱللَّهِ يَدْعُوهُ كَادُوا۟ يَكُونُونَ عَلَيْهِ لِبَدًۭا

Et quand le serviteur d’Allah se mit debout pour L’invoquer, il faillirent se ruer en masse sur lui. 
Sourate Al-Jinn, v.19. 

Le sens véritable de sa parole “Je suis Ton Serviteur” est l’attachement à sa servitude dans l’humiliation, la soumission et le retour, l’obéissance, son besoin permanent vis-à-vis de Lui, son imploration, la recherche d’aide auprès de Lui, la confiance qu’il place en Lui, le secours et le refuge qu’il cherche en Lui, et le fait que son cœur ne s’attache à aucun autre que Lui en ce qui concerne l’amour, la peur et l’espoir.

 

Extrait tiré du livre :

Les Méditations

Écrit Par Ibn Al-Qayyim

Pages 44/45 – Éditions Tawbah

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Note 5/5 ⭐⭐⭐⭐⭐ (selon 11 avis)


Retranscription autorisée par l’édition Tawbah.

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