Les péchés font disparaître la pudeur – Ibn Al-Qayyim

Les péchés font disparaître la pudeur

Ibn Al-Qayyim

 

 

Les péchés font disparaître la pudeur qui est pourtant l’essence de la vie du cœur et la source de tout bien. Sa disparition marque la disparition de tout bien.

Le Prophète ﷺ a dit :

♦La pudeur n’est que bien.
Muslim – 37.

Il dit également :

♦Parmi les préceptes que les gens ont retenus des premières prophéties : si tu n’as pas de pudeur, fais ce que tu veux.
Al-Bukhari – 5769.

 Il en existe deux interprétations :

 La première est qu’il s’agit d’un avertissement et d’une menace, le sens en est alors : celui qui n’éprouve aucune pudeur commet ce qu’il veut comme ignominies, car ce qui l’empêche d’y tomber est la pudeur ; donc, s’il n’y a pas de pudeur qui puisse dissuader de commettre des ignominies, on y tombe ; et c’est là l’interprétation de Abû ‘Ubayd.
Gharîb Al-Hadîth – 2/330.

 La deuxième est que si on n’est pas gêné d’accomplir cet acte devant Allah سبحانه و تعالى, on l’exécute, et ce qu’il convient de délaisser est uniquement ce qu’on est gêné d’accomplir devant Allah ;
Et c’est là l’interprétation de l’imam Ahmad, selon ce que rapporte Ibn Hânî’.

Ainsi, selon la première interprétation, c’est une menace, comme la Parole d’Allah سبحانه و تعالى :

ٱعْمَلُوا۟ مَا شِئْتُمْ

Faites ce que vous voulez.
Sourate Fussilat / v.40.

Et selon la deuxième interprétation, c’est une permission et une autorisation.

Si on objecte : N’est-il pas possible de l’interpréter des deux manières ?

On peut répondre :
Non, pas même selon l’avis de celui qui considère l’ensemble des significations, en raison de l’opposition entre la permission et la menace. Mais le fait de considérer un sens implique de considérer l’autre.

Ce que nous voulons montrer est que les péchés affaiblissent la pudeur de l’homme, jusqu’à en être totalement dépourvu, au point de n’être pas touché par le fait que les gens connaissent sa mauvaise condition. Plus encore, nombre d’entre eux informent de leur situation et de l’ignominie qu’ils commettent. Ce qui l’amène à cela est l’absence de pudeur, et si l’homme parvient à cette situation, on ne peut plus espérer son amendement.

Lorsqu’Iblîs voit son visage apparaître

Il le salue et dit : j’ai été remplacé par qui ne réussira pas

Le terme Hayâ- (pudeur) est dérivé du terme Hayâh (vie), de même la pluie est nommée Hayâ car elle permet la vie de la terre, des plantations et des animaux. C’est pour cela également que la vie d’ici-bas et de l’au-delà est désignée par le terme Hayâ-, car celui qui n’éprouve aucune pudeur est mort en cette vie et malheureux dans l’au-delà.

Il existe, entre les péchés d’une part, et le peu de pudeur et l’absence de jalousie d’autre part, une relation de réciprocité : chacune des deux parties sollicitant l’autre. Elles s’alimentent mutuellement.

Aussi, celui qui fait preuve de pudeur envers Allah alors qu’il est sur le point de commettre un péché, Allah sera gêné de le châtier le jour où il Le rencontrera.

Par contre, celui qui n’éprouve aucune gêne à Lui désobéir. Il n’en éprouvera aucune à le châtier.

 

Extrait tiré du livre :

Péchés et Guérison

Écrit Par Ibn Al Qayyim

Pages 98/99 – Édition Tawbah

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Note 4,8/5 ⭐⭐⭐⭐⭐ (selon 14 avis)

 

Retranscription autorisée par l’édition Tawbah.

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