Le récit du mariage de Mûsâ, un bel exemple de pudeur – Ibn Kathîr

Le récit du mariage de Mûsâ عليه السلام
un bel exemple de pudeur

Ibn Kathîr

 

 

فَجَآءَتْهُ إِحْدَىٰهُمَا تَمْشِى عَلَى ٱسْتِحْيَآءٍۢ قَالَتْ إِنَّ أَبِى يَدْعُوكَ لِيَجْزِيَكَ أَجْرَ مَا سَقَيْتَ لَنَا ۚ فَلَمَّا جَآءَهُۥ وَقَصَّ عَلَيْهِ ٱلْقَصَصَ قَالَ لَا تَخَفْ ۖ نَجَوْتَ مِنَ ٱلْقَوْمِ ٱلظَّٰلِمِينَ ♦ قَالَتْ إِحْدَىٰهُمَا يَٰٓأَبَتِ ٱسْتَـْٔجِرْهُ ۖ إِنَّ خَيْرَ مَنِ ٱسْتَـْٔجَرْتَ ٱلْقَوِىُّ ٱلْأَمِينُ ♦ قَالَ إِنِّىٓ أُرِيدُ أَنْ أُنكِحَكَ إِحْدَى ٱبْنَتَىَّ هَٰتَيْنِ عَلَىٰٓ أَن تَأْجُرَنِى ثَمَٰنِىَ حِجَجٍۢ ۖ فَإِنْ أَتْمَمْتَ عَشْرًۭا فَمِنْ عِندِكَ ۖ وَمَآ أُرِيدُ أَنْ أَشُقَّ عَلَيْكَ ۚ سَتَجِدُنِىٓ إِن شَآءَ ٱللَّهُ مِنَ ٱلصَّٰلِحِينَ ♦ قَالَ ذَٰلِكَ بَيْنِى وَبَيْنَكَ ۖ أَيَّمَا ٱلْأَجَلَيْنِ قَضَيْتُ فَلَا عُدْوَٰنَ عَلَىَّ ۖ وَٱللَّهُ عَلَىٰ مَا نَقُولُ وَكِيلٌۭ

“L’une des deux femmes vint alors le trouver en marchant pudiquement et lui dit : “Mon père t’invite pour te remercier d’avoir abreuvé nos bêtes.” Quand il fut venu auprès de lui et qu’il lui eut raconté son histoire, le vieillard dit : “N’aie crainte : tu as échappé aux gens injustes. “L’une d’elles dit : “Père ! Emploie-le car l’homme fort et digne de confiance est bien le meilleur des ouvriers.” Il dit : “J’aimerais te marier à l’une de mes filles que voici, à condition que tu travailles à mon service durant huit ans. Si tu achèves dix années, ce sera de ton bon gré ; je ne veux cependant rien t’imposer d’excessif. Tu me trouveras, si Allah le veut, du nombre des gens de bien.” Mûsâ dit : “Cela est conclu entre toi et moi. Je ne subirai aucune contrainte, quel que soit le terme que je termine. Et Allah est Garant de ce que nous disons.””
Sourate Al-Qasas, v.25-28.

Lorsque Mûsâ عليه السلام s’assit à l’ombre et dit : “Seigneur, j’ai grand besoin du bien que Tu feras descendre vers moi”, les deux femmes l’entendirent et retournèrent auprès de leur père. On rapporte que ce dernier leur demanda pourquoi elles étaient revenues si tôt, et elles lui racontèrent alors ce qui s’était passé avec Mûsâ عليه السلام. Il demanda à l’une d’elles de l’inviter.

“L’une des deux femmes vint alors le retrouver en marchant pudiquement” à la manière des femmes nobles, et dit : “Mon père t’invite pour te remercier d’avoir abreuvé nos bêtes.”. Elle dit cela clairement afin que ses propos ne soient pas équivoques. Cela est une preuve de sa grande pudeur et chasteté. “Et quand il fut venu auprès de lui et qu’il lui eut raconté son histoire”, il lui raconta ce qui lui était arrivé, et sa fuite d’Egypte par crainte de Pharaon. Le vieillard lui dit alors : “N’aie aucune crainte : tu a échappé aux gens injustes” tu n’es plus sous l’autorité de leur pouvoir et de leur État.

Les exégètes ont divergé sur l’identité de ce vieillard.
Certains ont dit qu’il s’agissait de Shu’ayb عليه السلام. Cet avis est partagé par un grand nombre, parmi lesquels : Al-Hasan Al-Basrî et Mâlik Ibn Anas. Cela est rapporté clairement dans un hadith dont la chaîne de transmission est discutable (Nous verrons qu’il y a plus d’un hadith à ce sujet, mais qu’aucun n’est exempte de faiblesse.).
D’autres ont tenu l’avis que Shu’ayb vécut très longtemps après la destruction de son peuple et rencontra Mûsâ à qui il donna sa fille en mariage. Ibn Hâtim et d’autres rapportent d’après Al-Hasan Al-Basrî, que le vieillard s’appelait Shu’ayb et était responsable de l’eau au sein de son peuple, mais qu’il ne s’agissait pas du prophète envoyé au peuple de Madyan.
On rapporte aussi qu’il s’agissait du neveu, du cousin, d’un croyant du peuple de Shu’ayb, ou d’un homme qui s’appelait Yathrûn, comme le rapportent les Gens de Livre, et il était le grand prête et savant de Madyan. Ibn ‘Abbâs et Abû ‘Ubaydah  Ibn ‘Abd Allah ont dit qu’il s’appelait Yathrûn, et Abû ‘Ubaydah ajoute qu’il était le neveu de Shu’yab, et Ibn ‘Abbâs qu’il était un homme de Madyan.

L’essentiel est qu’après l’avoir accueilli, hébergé et qu’il lui eut raconté son histoire, il lui annonça qu’il était maintenant en sécurité. A ce moment une des filles dit à son père : “Père ! Emploie-le” pour qu’il mène paître tes moutons. Puis elle fit ses éloges en disant qu’il était fort et digne de confiance.

‘Umar, Ibn ‘Abbâs, Shurayh Al-Qâdî, Abû Mâlik, Qatâdah, Muhammad Ibn Ishâq et d’autres ont dit :

Lorsqu’elle dit cela, son père lui répondit : “Comment sais-tu cela ?” Elle répondit : “Il a soulevé un rocher qui ne peut être normalement soulevé que par dix hommes, et lorsque je l’ai amené, je marchais devant lui et il m’a dit : “Marche derrière moi et lorsque nous arrivons à un croisement, indique-moi le chemin en jetant de petits cailloux vers la direction à suivre.” 

Ibn Mas’ûd a dit : Les gens les plus perspicaces sont au nombre de trois : l’intendant d’Égypte lorsqu’il dit à sa femme : “Occupe-toi bien de lui.”, la femme qui dit à son père à propos de Mûsâ : “Père ! Emploie-le car l’homme fort et digne de confiance est bien le meilleur des ouvriers.”, et Abû Bakr le véridique lorsqu’il transmit le califat à ‘Umar Ibn Al-Khattâb.” 

 

Extrait tiré du livre :

L’Authentique des Récits des Prophètes
(Œuvre Intégrale) Tome 2

Écrit Par Ibn Kathîr

Pages 22/24 – Éditions Tawbah

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Note 4,8/5 ⭐⭐⭐⭐⭐ (selon 12 avis)


Retranscription autorisée par les éditions Tawbah.

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