Comment se prémunir de la vanité dans ses actes et ses paroles – Ibn Al-Qayyim

Comment se prémunir de la vanité
dans ses actes et ses paroles

Ibn Al-Qayyim

 

 

Ibn Sa’d mentionne sans son ouvrage intitulé At-Tabaqât : Lorsqu’il prêchait du haut de sa chaire et craignait que la vanité ne le touche, ‘Umar Ibn ‘Abd Al-‘Azîz interrompait son discours. Lorsqu’il écrivait une lettre et sentait qu’elle était imprégnée de quelque orgueil, il l’a déchirait et disait :
Ô Allah ! Je cherche refuge auprès de Toi contre le mal de ma propre âme.”
Ibn Sa’d ibn Mâni’ Az-Zuhrî (168-230H). Historien et transmetteur de hadiths. Né à Bassora, il vivra à Bagdad et y mourra. Il fut surnommé le scribe d’Al-Wâqidî car il rapporta de lui et fut son compagnon.

Sache que le serviteur qui veut accomplir un acte ou prononcer une parole par lesquels il recherche la satisfaction d’Allah, en gardant à l’esprit la grâce d’Allah à son égard et l’assistance qu’Il lui porte dans leur réalisation ; en reconnaissant que cela vient d’Allah et non de lui-même, de ses connaissances, de sa réflexion, de ses efforts ou de sa force, car c’est Allah سبحانه و تعالى qui lui a donné une langue, un cœur, des yeux et des oreilles ; ainsi,

Celui qui lui a fait gracieusement don de ses membres est Celui-là même qui lui a fait grâce de la parole et des actes

Si le serviteur garde à l’esprit toutes ces réalités en les gravant dans son cœur, la vanité ne pourra l’atteindre.

En effet, la vanité résulte de la bonne opinion que l’on a de soi tout en oubliant que ce n’est là que le résultat de la grâce d’Allah, de Son assistance et Son aide. Si le serviteur ne fait attention à cela, son âme se dressera pleine d’orgueil et de prétention, la vanité le touchera alors et corrompra ses propos et œuvres.

Parfois, Allah سبحانه و تعالى empêche de pouvoir achever son œuvre, ce qui n’est qu’une miséricorde à son égard, car cela lui permettra de reconnaître la grâce d’Allah et Son assistance. Dans d’autres cas, Allah lui permet d’achever son œuvre, mais elle ne portera pas ses fruits. Et à supporter qu’elle porte ses fruits, ces derniers seront insignifiants et n’apporteront rien d’utile.

Enfin, dans certains cas, les conséquences de son œuvre lui seront plus néfastes que bénéfiques, et de nombreux dommages en découleront dont la gravité sera proportionnelle à son manque de reconnaissance envers la grâce d’Allah et Son assistance, et à la bonne opinion qu’il a de lui-même, de ses propos et de ses actes.

C’est par le biais [de cette reconnaissance] qu’Allah سبحانه و تعالى améliore les propos de Son serviteur et ses œuvres et qu’Il en développe les fruits.
[Et c’est la non reconnaissance de la grâce divine] qui fait qu’Allah corrompt les œuvres de Son serviteur et l’empêche de profiter de ses fruits.

Rien ne corrompt plus les œuvres que la vanité et le fait d’avoir une bonne opinion de soi.

 

Extrait tiré du livre :

Les Méditations

Écrit Par Ibn Al-Qayyim

Pages 238/239 – Éditions Tawbah

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Note 5/5 ⭐⭐⭐⭐⭐ (selon 11 avis)


Retranscription autorisée par l’édition Tawbah.

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