Souhaiter sa propre mort dans l’épreuve – Ibn Kathîr


Souhaiter sa propre mort dans l’épreuve

Ibn Kathîr

 

 

Après avoir vu qu’Allah avait parachevé Ses bienfaits sur lui et que sa famille était de nouveau réunie, Yûsuf sut que cette demeure terrestre était éphémère et que toute chose qu’elle contient et toute personne doit disparaître. Après l’accomplissement, il ne peut y avoir que diminution. Alors, il loua son Seigneur comme il sied à Sa personne et reconnut l’immensité de Sa bienfaisance. Il lui demanda – et Il est le Meilleur de ceux à qui ont peut s’adresser – de le faire mourir, lorsque son heure viendrait, soumis et de le faire rejoindre Ses serviteurs pieux.
Comme on dit dans l’invocation : “Ô Allah ! Fais-nous vivre soumis et fais-nous mourir soumis.” lorsque notre heure sera venue. Il est probable qu’il ait fais cette invocation alors qu’il était sur le point de mourir, de la même manière que le Prophète ﷺ demanda à Allah qu’Il élève son âme vers la meilleure compagnie, avec les pieux parmi les prophètes et messagers. Comme il dit :

“Ô Allah ! Avec la meilleure compagnie.” trois fois de suite, puis il mourut. 
Al-Bukhârî – 5474  et Muslim – 2444.

On peut également penser que Yûsuf demanda à mourir soumis lorsqu’il vit son état de santé se dégrader, et cela était permis dans leur Législation et leur religion. Ainsi, on peut rapporter que Ibn ‘Abbâs a dit : Aucun prophète avant Yûsuf n’a souhaité la mort. Mais dans notre religion, on nous a interdit de souhaiter la mort, sauf lors des tentations, comme il est rapporté dans le hadith de Mu’âdh :

“Et si tu veux tenter un peuple, fais-nous mourir préservés de la tentation.”
At-Tirmîdhî – 3234. Qualifié d’authentique par Al-Albânî.

Et si dans un autre hadith :

“Ô fils de Âdam ! La mort est meilleure pour toi que la tentation.”
As-Sahîhah – 813.

Et Maryam a dit : 

 يَٰلَيْتَنِى مِتُّ قَبْلَ هَٰذَا وَكُنتُ نَسْيًۭا مَّنسِيًّۭا

“Malheur à moi ! J’aurais préféré mourir avant cet instant et être totalement oubliée !” 
Sourate Maryam, v.23.

‘Alî Ibn Tâlib souhaita la mort lorsque la situation s’est envenimée, que les tentations grandirent, que les combats s’intensifièrent et que les rumeurs gonflèrent. De même Al-Bukhârî l’auteur de As-Sahîh, lorsque la situation devient très difficile pour lui et qu’il fit face aux abominations de ses opposants.

Mais dans l’aisance, Anas Ibn Mâlik ﺭﺿﻲ ﺍﻟﻠﻪ ﻋﻨﻪ rapporte que le Prophète ﷺ a dit :

Qu’aucun de vous ne souhaite la mort en raison d’un mal qu’il l’atteint. S’ils est bienfaisant, sa bienfaisance peut augmenter par cette cause, et s’il est malfaisant, il se peut qu’il se repente par cette cause. Et s’il doit vraiment dire quelque chose, qu’il dise :

Ô Allah ! Prolonge mon existence tant que la vie est un bien pour moi, et fais-moi mourir si la mort est meilleure pour moi. 
Al-Bukhârî – 5671 et Muslim – 2680

Dans ce hadith le “mal” désigne ce qui peut atteindre le serviteur dans son corps comme maladie, et non sa religion.

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Extrait tiré du livre :

L’Authentique des Récits des Prophètes
(Œuvre Intégrale)

Écrit Par Ibn Kathîr

Pages 429/430 – Éditions Tawbah

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Note 4,8/5 ⭐⭐⭐⭐⭐ (selon 12 avis)


Retranscription autorisée par les éditions Tawbah.

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